Montréal, le 10 mars 2009 - Le nombre de ménages locataires qui engloutissent 30% et plus de leur revenu pour se loger a légèrement diminué dans le Sud-Ouest de Montréal entre les recensements de 2001 et de 2006. Tout en s'en réjouissant, le Front d'action populaire en réaménagement urbain, le Regroupement information logement (RIL) et le POPIR-Comité Logement redoutent que ce progrès ne soit de courte durée. Ils craignent l'impact conjugué de la crise économique et des hausses de loyer que connaît cet arrondissement depuis 2005.
Les trois organismes ont fait part de leurs appréhensions lors d'une conférence de presse durant laquelle ils ont présenté les données locales du Dossier noir sur le logement et la pauvreté publié par le FRAPRU. Ce dossier démontre que 7910 ménages locataires de Côte-St-Paul, Petite-Bourgogne, Pointe-Saint-Charles, Saint-Henri et Ville-Émard consacraient plus de 30% de leur revenu au logement en 2006, comparativement à 8105 en 2001, soit une petite décroissance de 2,4%.
Cependant, les groupes s'inquiètent d'une si faible amélioration. "Entre les deux recensements, les loyers médians des locataires ont augmenté d'au moins 14,5% dans tous les quartiers du Sud-Ouest; la hausse a même atteint 17,7% dans Pointe-Saint-Charles", indique Marie-José Corriveau, du FRAPRU. "Or, les données de la Société canadienne d'hypothèques et de logement nous indiquent que les loyers moyens du Sud-Ouest ont encore grimpé de 14,9% depuis le dernier recensement, soit deux fois plus vite que ceux de Montréal", précise-t-elle.
Selon Christina Xydous, du POPIR-Comité Logement, le sort des locataires de Ville-Émard est particulièrement préoccupant. "C'est le quartier qui a le moins bénéficié de la croissance du début des années 2000. Le revenu médian des ménages locataires a augmenté de seulement 8,1% entre 2001 et 2005, alors que les loyers dans ce quartier ont bondi de 15,9% durant la même période."
Un autre sujet d'inquiétude pour les groupes est la détérioration du parc de logements locatifs. "En 2006, 29,3% des logements de notre arrondissement avaient besoin de réparations mineures; c'est 37,6% de plus qu'en 2001. Là encore, la progression est deux fois plus rapide qu'à Montréal", souligne Amélie Richard, du RIL de Pointe-Saint-Charles. Elle précise que le nombre de logements ayant besoin de réparations majeures a lui aussi augmenté; il se chiffre à 2595, soit 11% de l'ensemble des appartements.
À la lumière de ces données, les trois organisations ne sont donc pas surprises qu'en date du 2 mars, l'Office municipal d'habitation de Montréal fasse état de 1097 ménages inscrits sur sa liste d'attente d'une habitation à loyer modique dans le Sud-Ouest, dont 907 pour des logements familiaux. Ces derniers s'ajoutent d'ailleurs aux centaines ménages de l'arrondissement qui sont en attente d'un logement dans une coopérative ou un organisme sans but lucratif d'habitation.
Pour un investissement massif en logement social
Face aux hausses des loyers, aux mauvaises conditions de logement, sans compter les pertes d'emplois que la crise financière risque d'entraîner, les trois organismes craignent le pire pour les locataires du Sud-Ouest. Ils demandent au gouvernement Charest de tenir compte de leurs besoins dans son prochain budget et d'y confirmer les investissements pour 3000 nouveaux logements sociaux par année, pendant 5 ans, comme il l'a promis en novembre dernier, durant la campagne électorale.
Les organismes du Sud-Ouest précisent qu'ils veulent une part suffisante de logements sociaux sur les sites de l'ancien centre de tri postal, dans le quartier Petite Bourgogne, et des anciens ateliers du CN, à Pointe-St-Charles. Ils demandent d'ailleurs à leur députée, la ministre Marguerite Blais, d'appuyer ces revendications auprès du premier ministre. "Il faut s'assurer que le développement de ces terrains permette la construction de logements sociaux en nombre suffisant pour les grandes familles et pour les personnes seules, deux groupes qui ont beaucoup de difficulté à se loger actuellement", précise Amélie Richard, du RIL.
Selon le FRAPRU, le RIL et le POPIR, de tels investissements dans le logement social aura le triple avantage de réduire le nombre de locataires en difficulté, d'augmenter l'offre de logements locatifs qui demeure très basse à Montréal et de créer des emplois dans les domaines de la construction et l'industrie manufacturière.
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Pour plus d'informations:
Marie-José Corriveau (FRAPRU): 514-522-1010; 514-386-1040 (cellulaire)
Amélie Richard (RIL): 514-932-7742 #226; 514-513-3448 (cellulaire)
Christina Xydous (POPIR-Comité Logement): 514-691-5015 (cellulaire) - anglais
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